Sous-série 1 Q Domaines nationaux



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Les biens nationaux.
On désigne sous ce nom tous les biens mobiliers, immobiliers et fonciers saisis par la nation et mis en vente à son profit.
On distingue les biens de première origine qui proviennent pour l'essentiel des biens du clergé et les biens de seconde origine constitués essentiellement par le séquestre des biens des émigrés et des suspects.
Le 2 novembre 1789, l'Assemblée Constituante, confrontée à la nécessité de rembourser la dette de l'état, met les biens du clergé à la disposition de la nation à charge pour celle-ci de subvenir aux frais du culte. Dans un premier temps, les biens du clergé sont utilisés comme gage pour des billets en fortes coupures de 1000 livres portant intérêt à 5% : les assignats ; puis l'Assemblée arrête les conditions de vente des biens nationaux : les municipalités sont chargées des inventaires, des estimations, de la publicité, puis de la vente aux enchères publiques. Elles sont chargées également de faire l'avance des fonds, puis de se rembourser par les ventes, en conservant en prime 1/16e de la somme ; les particuliers se voient offrir des délais de paiement avantageux. Devant le succès de la vente, l'Assemblée décide, le 9 juillet 1790, que tous les biens nationaux pourront être mis en vente.
En juillet et août 1792, l'Assemblée législative décide de mettre en vente les biens des émigrés placés sous séquestre. La Convention croit que ces biens favoriseront l'accession à la propriété des paysans pauvres, à la différence des biens du clergé servant de gage aux assignats. Différentes modalités de vente sont mises en œuvre, mais sans résultats, et devant le mécontentement général, l'Assemblée ordonne, par le décret du 2 frimaire an II (22 novembre 1793), le morcellement de tous les biens nationaux quelle que soit leur origine. La loi du 12 prairial an III (31 mars 1795), destinée à accélérer les ventes, stipule que tout citoyen peur se faire délivrer sans enchères tel bien qu'il voudrait, à condition de payer 75 fois le revenu de 1790, en quatre termes de trois mois. Les quelques biens intéressants s'enlèvent rapidement, payés le plus souvent en assignats largement dépréciés. Un autre mode de paiement apparaît, quand l'assignat est remplacé par le mandat territorial ( loi du 28 ventôse an IV, 18 mars 1796) : on vend sur la base de 18 à 22 fois la valeur d'estimation de 1790.
La loi du 16 brumaire an V (6 novembre 1796) établit la vente aux enchères publiques : le paiement a lieu moitié en numéraire, moitié en papier. Par les lois des 26 vendémiaire et 27 brumaire an VII (17 octobre et 17 novembre 1798), on revient au paiement en numéraire.
Grâce à la vente des biens nationaux, le nombre des propriétaires terriens a doublé entre 1789 et 1815. Les mutations massives de propriétés qui en découlent, ont entraîné un très important bouleversement social.
Les documents conservés fournissent un tableau précis des patrimoines d'Ancien Régime, seigneuriaux, ecclésiastiques et même bourgeois, de leur mode d'exploitation et de leurs revenus, des droits seigneuriaux, des droits d'usage et des propriétés communales. Ils fournissent aussi de précieux renseignements sur la vie quotidienne, des châteaux aux cures de campagne, sur l'histoire de l'art et de la culture, sur l'histoire des techniques.

Fonds du département et des districts :
1. – Affaires générales :
        Q 1-33. Instructions du gouvernement, correspondance du directoire du département et des directoires de districts, états résumant les opérations de vente, rachat des droits féodaux.
2. – Vente des biens nationaux :
        Q 34-125. Vente des biens immobiliers avant le 28 ventôse an IV. Les biens sont classés par district et par type (1ère ou 2ème origine) ; en fonction de l'origine, c'est l'ordre des cantons qui prévaut pour le classement : estimation des biens, soumission des candidats à l'achat, adjudications.
        Q 126-147. Vente des immeubles après le 28 ventôse an IV. Les estimations et les ventes sont classées par cantons (districts supprimés le 28 ventôse an IV)
        Q 148-192. Inventaires et ventes des biens mobiliers. Classement dans l'ordre alphabétique des cantons.
3. – Administration du séquestre des biens :
        Q 193-226. Ferme des biens nationaux. Les baux à ferme sont classés soit par cantons, soit par districts.
        Q 227-266. Séquestre. Ordre alphabétique des cantons.
        Q 267-375. émigrés, prêtres réfractaires, condamnés. Les titres relatifs aux émigrés ou présumés tels, détenus, condamnés, déportés ou reclus, sont classés dans l'ordre alphabétique des noms de personnes. Se trouvent aussi des dossiers comprenant des listes d'émigrés, des créances sur les émigrés, la liquidation des dettes des émigrés, ainsi que les registres de délibérations et arrêtés du directoire du département, puis de l'Administration centrale et du préfet, relatifs aux biens et pétitions d'émigrés (classés par ordre chronologique et couvrant la période 1793-1825).
4. – Liquidation de l'indemnité payée aux émigrés (loi du 27 avril 1825, "loi du milliard")
        Q 376-390. Dossiers individuels, 1825-1832.
5. – Administration et contentieux des domaines
        Q 391-397. 1791-1825
6. – Biens communaux vendus en 1813 au profit de la caisse d'amortissement
        Q 398-419. Ordre alphabétique des communes

Fonds de l'Administration de l'Enregistrement et des Domaines :

7. – Liquidation de la vente et du séquestre des biens nationaux
        Q 420-622. Ces documents proviennent de l'administration de l'enregistrement : émigrés, affaires générales, ventes, caisse d'amortissement, décomptes, 1790-1829
        Q 623-709. Bureaux du département : Argentat, Beaulieu, Bort, Juillac, Treignac, Ussel, Uzerche, Tulle, 1791-1807. [voir sous-série 3Q pour la suite]

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